Mairie de SALERS - Cantal ~ Ville de Salers

"un véritable joyau architectural..."

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Médias

SALERS A TENU TETE A L'ARISTOCRATIE

29/12/2015
SALERS A TENU TETE A L'ARISTOCRATIE
Après avoir appartenu, jusqu'à la Révolution, aux seigneurs de la Jourdanie, la chapelle est devenue propriété de la cité sagranière.

On sait que l'origine de l'oratoire est due à la foi d'un chevalier, à son retour de Terre Sainte ( lire notre édition du 20 décembre). La dévotion à Notre-Dame de Lorette est telle qu'un pèlerinage voit le jour et va prendre de l'ampleur, grâce aux nombreux miracles que l'on attribue à la sainte.

En marge de protéger les animaux et d'influer sur la météo, la Madone soigne un mal récurrent et fort répandu : le rachitisme qui touche les enfants et les empêche de marcher. En guise de remerciement, les parents offrent le poids de leur petit, en cire.

La Révolution déferle...

Au fil des siècles, l'oratoire fait l'objet de plusieurs reprises (agrandissements ou embellissements), entreprises par les seigneurs de la Jourdanie sur la terre desquels elle est édifiée. On peut, ainsi, citer Mathieu Chalvet de Rochemonteix, puis son cousin éponyme, Jacques, qui vend le domaine à Guy du Fayet, seigneur du Fau, en 1593.

Ce dernier a intelligemment transigé avec la communauté catholique de Salers. Il détient privilèges et titres honorifiques liés à la chapelle, dans laquelle il autorise, en contrepartie, que la célébration de messes.

Les choses changent à la fin du XVII e siècle, quand la Jourdanie devient propriété de la Maison Raffin de la Raffinie. Ces derniers veulent imposer leur loi, oubliant au passage que la chapelle est annexe de l'église paroissiale. Les Sagraniers s'insurgent, résistent et l'affaire est portée à plusieurs reprises devant la justice du Bailliage.

En 1785, Pierre-Gabriel Raffin de la Raffinie va jusqu'à s'octroyer les clés du tronc et empêcher l'accès du lieu de culte. Insatiable et, décidément, bien indélicat, il empoche sans vergogne les bénéfices de la confrérie, les ressources paroissiales et même les dons, comme l'ont fait ses prédécesseurs. La Révolution déferle sur Salers. La Vierge Noire rapportée jadis par le chevalier est brûlée, avec les ex-voto de cire, sur l'esplanade de Barrouze. Le château de la Jourdanie est vendu comme bien national, maisæ sans la chapelle.

L'histoire, pourtant, va se répéter quand Gabriel-Élie Raffin de la Raffinie rachète le domaine, en 1820. Lui aussi a les dents longues et tente de se réapproprier les prérogatives dont se targuaient ses aïeux, s'installant d'autorité un banc dans la chapelle. C'en est trop. La cité entière se révolte et son maire, Henri-Pierre Bertrandy, porte une fois encore le litige devant le tribunal. Ce dernier déboute l'aristocrate en arguant, à juste titre, que la chapelle ne fait plus partie de la propriété. Il aura fallu près de deux siècles pour clore, enfin, le débat.

En 1885, à l'initiative de l'abbé Chaumeil, l'ancien édifice trop exigu et menaçant ruine est démoli. Joseph Peuch, ébéniste sagranier installé à Saint-Flour, est chargé de construire celui que l'on connaît aujourd'hui.

La fin d'un conflit - Pour affirmer l'appartenance... lorsque la chapelle Notre-Dame de Lorette est reconstruite, à la fin du XIXème s., le conflit opposant la cité à la famille Raffin de la Raffinie n'est clos que depuis un peu plus de vingt ans. Les Sagraniers ont enfin eu gain de cause et c'est sans doute pour le prouver que le blason de la ville est apposé au-dessus de l'entrée de la chapelle.

Quinze mystères - De remarquables vitraux. Les 5 verrières qui ornent la chapelle sont dues à Victor HONER, de Nancy, devenu maître verrier à la suite de son père François-Joseph. Véritable leçon de catéchisme, ils représentent les 15 mystères du Rosaire et illustrent les différentses étapes de la vie du Christ. Leur étude a été conduite par Marie-Laure LAPORTE, sous les conseils avisés de l'historien sagranier Philippe GARRIGUE.  

Sources. Salers, une ville, un pays, une histoire de Pierre et Pascale Moulier. Salers en aquarelle de Philippe Garrigue et Alain Delteil.

Yveline David